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Cocagne et le Crédit Coopératif : des amis de longue date

ENVIRONNEMENT Portrait

Lorsque l’aventure des Jardins de Cocagne démarre en 1991, personne n’imagine la réussite à venir. En 2017, on compte 137 entreprises solidaires Cocagne, dont 107 Jardins de Cocagne, qui poursuivent les objectifs du fondateur du premier d’entre eux, Jean-Guy Henckel : le développement de l’agriculture biologique, l’accès à une nourriture saine et l’insertion sociale. Depuis 1999, ces associations indépendantes se sont dotées du réseau Cocagne, association « tête de réseau », chargée de pérenniser cette réussite. Le président Dominique Hays et Julien Adda, nouveau directeur national, nous présentent ce modèle plus que vertueux.

Réseau Cocagne, c’est le dévoué serviteur d’ilots de verdure porteurs d’une utopie : nourrir le plus grand nombre avec les meilleurs produits possibles et créer de l’emploi. Une ambition immense qui réclame beaucoup de coordination, surtout quand on sait que les Jardins de Cocagne comptent désormais 4320 salariés en parcours d’insertion et 815 salariés permanents. Pour être à la hauteur, le réseau emploie 20 experts qui accompagnent les Jardins de Cocagne dans toutes les facettes de leur activité. Dominique Hays rappelle : « Notre Conseil d’administration est élu par les Jardins, ce sont souvent des présidents ou directeurs de Jardins qui le composent d’ailleurs. Mais il y a aussi des spécialistes dans leur domaine, plébiscités par les votants. »

Ce réseau s’appuie sur des ressources diversifiées pour maximiser son impact social et environnemental, Julien Adda précise : « Nous recevons des subventions publiques et privées (Fonds social européen, AG2R, Fondation Carrefour …). Les fondations financent des programmes en particulier, comme la Fondation Macif qui nous accompagne sur la recherche et le développement. De plus en plus de citoyens soutiennent notre action en apportant des dons notamment via les produits Agir du Crédit Coopératif. Enfin, nous pouvons aussi compter sur nos ressources propres : cotisations des adhérents, vente des agendas, … ». Une multiplication des apports qui permet le fonctionnement d’un réseau reposant avant tout sur l’humain, avec une masse salariale représentant 50% de ses dépenses et des déplacements fréquents pour ses collaborateurs, dont certains visitent entre trois et six Jardins par semaine.

 

Une démarche commerciale

Ces Jardins accomplissent chaque jour une mission d’intérêt général. Ainsi, pour Dominique Hays, directeur de l’Ecopôle alimentaire du pays d’Audruicq (62), qui a permis la création de 50 emplois direct en ESS : « Les Jardins sont à but non lucratif et fonctionnent avec des subventions qui financent notamment l’accompagnement sociale des salariés des Ateliers et Chantiers d’insertion (ACI). Nous prenons en charge des personnes éloignées voire très éloignées de l’emploi pour lesquelles il faut aussi penser à de nouvelles activités à la sortie de leur parcours chez nous.» Les Jardins fournissent des paniers de légumes bios à 20 500 adhérents-consommateurs et la vente directe a généré 13,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Associatifs, ils reposent néanmoins sur une démarche commerciale, avec 8 salariés permanents chacun et 24 salariés en insertion, « soit un effectif proche de celui d’une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) si on prend en compte l’ensemble du territoire et les salariés en insertion » précise Julien Adda.

En plus de la vente de leur production, les Jardins ont développé une activité pédagogique auprès des groupes scolaires mais aussi des entreprises, avec l’organisation de visites. Une diversification essentielle pour conserver une certaine liberté d’action : « Les subventions publiques et privées, ainsi que nos revenus propres, nous permettent d’assumer les dépenses de fonctionnement (salaires, charges classiques liées à toute activité agricole…) comme les dépenses d’investissement. Nous tenons à ce modèle d’hybridation des ressources, dans les gènes du réseau Cocagne et de son fondateur Jean-Guy Henckel. C’est aussi et surtout un modèle qui entend partager les responsabilités de notre objet social : la lutte contre les exclusions et le refus des discriminations.»

 

Une solidarité émancipatrice

C’est dans cette optique que le réseau est accompagné depuis ses débuts par le Crédit Coopératif, avec qui la relation s’est nouée tout naturellement, comme le rappelle Dominique Hays : « Notre partenariat est historique, nous sommes très proches depuis les débuts de l’aventure. Nous partageons le même esprit. Aujourd’hui, 50% des Jardins ont un compte au Crédit Coopératif. » L’établissement est aussi devenu la banque principale du réseau Cocagne, qui peut compter sur son soutien et celui de ses sociétaires, notamment grâce aux produits de partage Agir. Ainsi, en 2016, le Réseau Cocagne a perçu plus de 180 000 euros de dons : « C’est un apport qui s’inscrit dans la durée et une somme très importante pour nous ! » souligne le président.

Pour le réseau, il s’agit d’un moyen de diversifier ses activités, « de sortir se son cœur de métier pour investir d’autres domaines et se renforcer ». L’argent est investi massivement dans la formation des salariés permanents, de la direction au terrain et permet à la structure d’affirmer un peu plus sa spécificité, avec par exemple des formations d’aide à la résolution des conflits ou en gestion des ressources humaines. Une autre partie de cet argent est allouée à la recherche et au développement, structurée en dix axes prioritaires. Enfin, le réseau y puise également les fonds pour soutenir les Jardins en mauvaise posture mais aussi et surtout essaimer et ouvrir de nouveaux Jardins (40% de la somme).

Après plus d’un quart de siècle d’existence, les Jardins de Cocagne ont un bel avenir devant eux, basé sur un modèle économique pérenne, responsable et résolument solidaire.

Pour en savoir plus :

Nos produits de la gamme Agir

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