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Grigny 2 passe à la géothermie

ENVIRONNEMENT Interview

C’est un choix original porté par les acteurs publics locaux, avec un seul mot d’ordre : garantir une énergie peu onéreuse, pérenne et respectueuse de l’environnement aux habitants du quartier. L’idée est simple : il s’agit de récupérer l’énergie stockée sous nos pieds sous la surface de la Terre et de s’en servir pour chauffer les bâtiments. Martine Flamant, directrice de la société publique locale (SPL) spécialement créée pour mener le projet, nous donne quelques éléments d’information.

 

Comment est venue cette idée de la géothermie ?

Il faut savoir que les experts ont une très bonne connaissance du sol en Ile-de-France et notamment de la couche se rapportant au Dogger, qui correspond à la période du Jurassique moyen. Ils savaient qu’aux environs des 2000 m de profondeur, sur les communes de Grigny et de Viry, il y avait des sources d’eau très chaude, exploitables pour la géothermie.

 

Pouvez-vous nous expliquer le montage de cette opération ?

 Nous avons crée la Société d’exploitation des énergies renouvelables (SEER) Grigny-Viry en 2014. C’est une société publique locale (SPL), dont le Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication (SIPPEREC) est actionnaire à hauteur de 51%. Il s’agit d’un acteur de référence dans le domaine de la géothermie. Ce choix de la SPL, au lieu d’une délégation de service public (DSP) classique, nous permet de conserver une maîtrise totale du processus et d’obtenir un prix de l’énergie plus avantageux, grâce à la mobilisation de nombreux acteurs et partenaires financiers. Par ailleurs, nous bénéficions du statut de société anonyme et de la souplesse d’intervention qui va avec.

 

Quel a été le rôle de la SEER ?

Nous avons pris le relais du SIPPEREC qui s’est chargé de l’étude administrative. Notre rôle était surtout de monter le financement de l’opération, ce qui n’est pas la partie la plus simple. L’engagement, dès le début de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et de la Région Ile de France via le Fonds de chaleur et ensuite le Fonds de Soutien à l’Investissement (FSI), ont permis de déclencher le financement avec la Caisse des Dépôts et Consignations, rejointe très rapidement par le Crédit Coopératif, puis Arkea et la Banque Postale. Si le puits de production n°1 a donné toute satisfaction (température à 71 °C), malheureusement, le n°2, le puits d’injection, n’a pas été à la hauteur des espérances, nous obligeant à la réalisation d’un troisième puits. A noter que l’assurance SAF Environnement a remboursé les dépenses du puits n°2 à hauteur de 90 %. Dès lors, la date de raccordement est confirmée pour l’automne 2017, comme le sont également les conditions financières prévues pour les futurs usagers.

 

Quel sera le bénéfice pour les habitants des quartiers concernés ?

Il est probable que les usagers vont observer une baisse significative du prix de leur chauffage et surtout une baisse durable dans le temps. La géothermie ne nécessite qu’un très faible complément par le gaz, à hauteur de 20% – 25%. En dehors de cela, c’est une énergie quasiment renouvelable à 100%. Concrètement, les prix ne seront pas fluctuants, comme c’est le cas avec les produits fossiles dont les cours peuvent varier brutalement et fortement. Ils resteront relativement faibles sur la durée. Au-delà de l’aspect strictement économique, c’est aussi une réussite environnementale et sociale. La géothermie servira également à chauffer une vingtaine d’établissements publics. Il s’agit d’un projet structurant pour le développement de cette zone, classée en difficulté, où les institutions s’investissent massivement. Avant cela, il y a eu par exemple un vaste chantier de mise aux normes des compteurs. Ce n’est pas une action isolée, elle s’inscrit dans une entreprise de développement social beaucoup plus vaste.

 

Pour en savoir plus :

http://grigny91.fr/geothermie.html

Dossier de la ville de Grigny

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