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Ikambere : redonner des perspectives aux femmes vivant avec le VIH

SOLIDARITÉ Associations

Ikambere veut dire « maison accueillante » en kinyarwanda (langage du Rwanda). Il s’agit d’une maison traditionnelle, habitée par un notable, qui est à la fois ouverte et dans laquelle les secrets peuvent être partagés en toute confidentialité… Une définition qui correspond à 100% aux pratiques de l’association Ikambere à Saint Denis (93), dont la mission est d’accompagner vers l’autonomie  les femmes vivant avec le VIH à s’accepter et se reconstruire.

 

 

Cette association est notamment financée par la Sicav Choix Solidaire gérée par Ecofi Investissements et diffusée dans les centres d’affaires du Crédit Coopératif.

 

La « révélation » pour une jeune étudiante en sciences sociale
 

Pour Bernadette Rwegera, fondatrice d’Ikambere rencontrée au Forum Convergences 2018, l’origine de cette association est : « très simple » ! Et pourtant, sous sa modestie sincère, elle a réussi à créer une maison d’accueil chaleureuse qui a bénéficié à plus de 2500 femmes atteintes du VIH en 20 ans.

En 1994, cette étudiante d’anthropologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales termine son mémoire sur les femmes et enfants d’Afrique subsaharienne, atteints du VIH, et vivant en Ile de France. Parallèlement, elle travaille chez Sol En Si (Solidarité Enfants Sida) où elle accueille des femmes atteintes du VIH qui déposent leurs enfants pour la journée.

Bernadette se souvient « j’ai compris alors les problèmes d’isolement, de solitude, de souffrances psychologiques et morales de ces femmes. J’ai aussi pu constater leur précarité matérielle ».

Son diplôme en poche, Bernadette décide de créer un lieu où ces femmes vont pouvoir rompre cet isolement et se soutenir mutuellement. En janvier 1997, elle crée la maison Ikambere, qui offre un accompagnement global. Tout en aidant ces femmes à accepter leur maladie et à admettre de prendre leurs traitements, elle leur offre un lieu de vie et d’échanges, ainsi que des moyens d’aide à leur insertion. En effet, au-delà de la maison accueillante, l’association les accompagne dans leurs démarches administratives et plus particulièrement de recherche d’emplois et de logements,…

L’association leur propose également des ateliers pour qu’elles se sentent mieux au quotidien, que ce soit par des séances d’alphabétisation, d’initiations à l’informatique, de sport ou de soins pour le corps. Elle leur offre de déjeuner ensemble, repas qui est souvent le seul de la journée. Et surtout, elle leur redonne globalement une chance de vivre mieux.

20 ans plus tard, Ikambere est devenu pour beaucoup d’entre elles une famille.

 

 

Les besoins de financements de l’association
 

Avec un budget annuel de l’ordre du million d’euros, Ikambere est soutenu par des organismes publics et par des financeurs privés (mécènes, fondations d’entreprise etc.).

Reconnue Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS), Ikambere s’est donnée pour objectifs d’élargir son groupe de financeurs et donateurs, pour pouvoir encore améliorer l’accueil des 500 femmes qui frappent à sa porte chaque année. Que ce soit pour financer l’accès ou l’investissement dans des logements pour ses bénéficiaires (l’association ne dispose que de 10 places actuellement), le budget de fonctionnement (pour payer les salaires des 23 collaborateurs pluri-disciplinaires de l’association et la location des 500m2 de locaux), ou le déploiement de nouvelles activités (notamment de prévention hors les murs).

L’association souhaiterait aussi être aidée dans ses réflexions pour un modèle économique plus pérenne, générant davantage d’autofinancement. Et pour ce faire, un mécénat de compétences pourrait être mis en place.

 

Forte de ses 20 ans d’expérience, Ikambere a donc besoin d’être elle-même davantage accompagnée, en termes de temps et de moyens, pour continuer à développer ses actions de terrains et de prévention au profit de plus de femmes, et à plus grande échelle.

 

Pour en savoir plus :

Sur l’association Ikambere, rendez-vous ici.

Les fonds solidaires d’Ecofi Investissements : rendez-vous ici.

Crédit photo : Bernadette Rwegera (fondatrice d’Ikambere) et Cesar Vitali (ECOFI Investissements), 2018 – © Crédit Coopératif

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